Depuis vingt ans, Google est mon bibliothécaire discipliné.
Je pose une question, il me tend une dizaine de liens et me dit : « Débrouille-toi. » À moi d’ouvrir, de comparer, de vérifier.
Depuis tout ce temps, il a aussi dicté ses règles aux éditeurs : pour être visible, il fallait produire du contenu sourcé, signé, capable de prouver son expertise. Le web entier a appris à écrire pour lui.
Depuis le 22 juillet dernier, avec le “Mode IA” devenu effectif en France, la plateforme choisit désormais les sources à ma place, les lit et me livre une fiche de lecture : « voilà ce que tu dois retenir ».


Un gain de temps réel, en apparence.
À l'usage, on découvre que l'IA Mode puise une bonne partie de ses réponses dans des espaces informels (Facebook, LinkedIn, YouTube, Reddit) et que Google ne cherche plus ceux qui savent. Il cherche ceux qui ont vécu.

En effet aujourd’hui, n'importe quel modèle LLM peut produire en quelques secondes un article propre, structuré et techniquement correct, (plus de 50% des articles publiés sur le web sont générés par IA).
L'article d'expert classique (« je sais ceci ») a perdu sa valeur distinctive. Alors Google va à présent chercher l'expérience vécue, le « j'ai fait ceci » que l'IA ne peut pas inventer. Une IA peut expliquer comment monter un meuble (expertise), mais elle ne peut pas dire : « J'ai monté ce meuble et voici le problème spécifique que j'ai rencontré » (expérience).

A la requête « meilleures destinations pour partir cet été »,
l'IA ira puiser dans Instagram où l’on trouvera une publication
« J'y suis allé avec deux enfants de huit ans, voici ce que personne ne m'avait dit ».
BrightEdge-Research

Sur les plateformes communautaires, on trouve des passionnés compétents et des témoignages introuvables ailleurs. On trouve aussi des opinions, des erreurs, des rumeurs, des discussions sans validation éditoriale. Google récompense la phrase qui s'emboîte dans sa synthèse, peu importe son contexte d'origine.
Une enquête journalistique, une publication scientifique, une documentation officielle et le commentaire d'un inconnu se retrouvent côte à côte dans une même réponse. Chacune de ces sources n'a pas le même poids. Fondues dans une synthèse, elles semblent pourtant parler d'une seule voix. Les différences de statut s'effacent. L'autorité ne vient plus de la source, mais d'un assemblage pré-mâché.

Pendant des années, les éditeurs français et européens se sont battus pour une presse sourcée, signée, responsable, sous la pression de Google lui-même. Aujourd'hui, la même plateforme laisse les opinions anonymes phagocyter cet espace pour fabriquer une autorité générale. C'est la fiabilité de l'information qui est en jeu.⚠️⚠️

J'ai désactivé la fonctionnalité. La planète me dit merci au passage.🌍🙏

Mondes Immersifs

- Entertainment -

  • Fortnite et Universal : navigation entre mondes.

L'événement débute le 28 août à Orlando et
le 3 septembre à Hollywood,
jusqu'au 1er novembre.

Fortnite débarque pour la première fois dans les deux parcs Universal, Orlando et Hollywood. A Halloween Horror Nights, les visiteurs pourront "drop in" dans Freaky Fields, un champ de bataille Halloween envahi par une force mystérieuse, avec le Battle Bus iconique, des personnages familiers de Fortnitemares et des créations exclusives développées pour l'événement.
Fortnite n'est plus seulement un jeu qu'on regarde sur un écran. Le jeu vidéo a rejoint le panthéon des franchises culturelles assez puissantes pour remplir un parc à thème.

  • Fortnite a détourné le film d'horreur Obsession.

Obsession le film d'horreur indépendant devenu un succès surprise au box-office avec 450 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de seulement 750 000 $ poursuit sa route dans Fortnite pour sa sortie sur Peacock et en VOD. La collaboration accompagne cette deuxième vie du film en streaming, une stratégie de plus en plus courante pour relancer l'intérêt autour d'un titre.

- Marketing-

  • Et de quatre pour PKO Bank Polski.

PKO Bank Polski, l'une des plus grandes banques polonaises, vient de lancer sa quatrième map Fortnite. Sky Office Tycoon propose trois parcours professionnels : Game Developer, White Hat Hacker ou Influenceur. Les joueurs exécutent des missions, remplissent un CV virtuel, gagnent de l'argent et construisent leur immeuble de bureaux étage par étage, jusqu'au bureau du PDG.
Ce qui distingue cette map : elle connecte explicitement éducation financière et marché du travail. Épargne, investissement, gestion du risque, tout ça dans le même jeu.

  • Raising Cane's a inventé sa propre fête nationale du poulet et la célèbre dans Fortnite.

Du 23 au 27 juillet, les joueurs de Fortnite peuvent fêter le National Chicken Finger Day® (une journée créée par la marque Raising Cane's elle-même) via une expérience UGC exclusive, pas une map dédiée mais une intégration limitée dans le temps à l'intérieur d'une expérience déjà populaire, 1v1 With Every Gun.

-Culture et Tradition-

  • Le festival métis “Back to Batoche” débarque dans Roblox.


L’année dernière au Canada, le Conseil national des Métis lançait The Métis Life Project sur Roblox, un jeu éducatif pour enseigner le michif, cette langue métisse mêlant français, cri et ojibwé, aux jeunes générations.
En 2026, l’initiative s’étend avec Back to Batoche Days : un jeu Roblox recréant le site historique de Batoche et son festival autochtone et proposant des enseignements traditionnels, une approche qui transforme le temps d’écran en lien culturel et prouve que le gaming peut devenir un outil de préservation culturelle. "Nos jeunes vivent sur Roblox, alors parlons leur langage."

  • Varsovie se visite à nouveau façon Fortnite.

L'office de tourisme de Varsovie vient de lancer sa deuxième map Fortnite. Après "City of Wonders" qui explorait l'histoire de la capitale, "The Basilisk: Roguelike Hunt in Warsaw" propose une course-poursuite dans les rues de Varsovie contre le Basilic légendaire, avec un boss final dans le bâtiment principal de l'Université Polytechnique de Varsovie.
Une initiative qui allie jeu vidéo, tourisme virtuel et promotion culturelle, faisant de Varsovie une destination à part entière dans l’univers Fortnite.

  • La National Gallery of Art met Van Gogh dans Roblox.

Entrer dans un tableau de Van Gogh et y jouer à chat. C'est exactement ce que propose l'expérience Roblox développée avec la National Gallery of Art.
La reconstitution de La Ferme en Provence a nécessité un travail précis : calibrer le moteur de lumière de Roblox autour des contrastes post-impressionnistes de Van Gogh, transformer les murs de la ferme et les champs de blé en espaces de jeu fonctionnels avec lignes de vue, couvertures et itinéraires tactiques, tout en restant fidèle à la composition originale.
Le résultat est un tableau que l’on n'observe plus de l'extérieur, mais qu'on habite le temps d'une partie.

- Réalité Virtuelle-

  • Contre toute attente…

Le CTO de Meta, Andrew Bosworth, a réaffirmé que l’entreprise travaille sur "plusieurs casques de nouvelle génération", malgré les rumeurs sur un désengagement de la VR. Lors d’un Q&A sur Instagram, il a précisé que des annonces sont à prévoir lors du Meta Connect 2026, prévu le 23 septembre.

Numérique - RS

  • Majorité numérique à 15 ans ; des chiffres qui en disent long…

Sept enfants sur dix âgés de 10 à 14 ans considèrent que la majorité numérique à 15 ans est une bonne idée. L’adhésion au principe existe donc bel et bien. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils feront concrètement, 67 % assurent qu’ils respecteront l’interdiction. C’est l'étude de l’Arcom, menée en interrogeant 1012 enfants de 10 à 14 ans début juin (avant l'adoption mardi dernier par le parlement d'une loi entérinant cette interdiction) qui le dit.

Intéressant : ce chiffre s’effondre dès qu’ils parlent de leurs amis : seuls 31 % pensent que ceux-ci respecteront la loi.
Cet écart en dit beaucoup ; les enfants savent quelle réponse est attendue lorsqu’ils parlent d’eux-mêmes, mais ils connaissent aussi la réalité de leur groupe.
75 % des 13-14 ans prévoient déjà de contourner la mesure. Et 73 % de ceux qui ont déjà réussi à passer outre une interdiction d'âge comptent recommencer.
Renoncer aux réseaux quand tout le groupe raccroche ensemble, c'est tenable. Le faire seul pendant que le groupe continue, c'est risquer de manquer les conversations, les codes, les rendez-vous. La pression sociale ne s'arrête pas à la loi.

  • Votre fond d'écran en dit plus sur vous que vous ne le pensez.

14 % des Américains avouent juger quelqu'un en regardant son fond d'écran. Chez la Gen Z, c'est 33 %. Et les animaux de compagnie battent les partenaires romantiques comme choix de photo : 10 % contre 7 %.
Garder le fond d'écran par défaut divise : signe de paresse pour 12 %, minimalisme assumé pour 32 %, information nulle pour 22 %. Le fond d'écran est devenu un signal social discret assez présent pour que la Gen Z en tire des conclusions.

  • La Gen Z découvre le sport sur TikTok, pas à la télé.

TikTok, Instagram, YouTube : les réseaux sociaux sont devenus le premier point d'entrée dans le sport pour une génération entière. Avant la retransmission, avant le stade, avant même de connaître les règles du jeu.
49 % des fans de sport Gen Z découvrent un nouveau sport ou un nouvel athlète via du contenu créé par des fans, un documentaire Netflix, la vie amoureuse d'un sportif, ou un montage TikTok. 32 % soutiennent un athlète individuel plutôt qu'une équipe. 25 % préfèrent suivre la vie personnelle d'un athlète plutôt que ses performances.
Le sport n'est plus un spectacle qu'on regarde mais un personnage qu'on suit.

  • Les marques ont trouvé Strava.

Strava, l’application mobile de sport et d'activité physique, est devenue le nouveau terrain de jeu des marques qui veulent toucher leurs audiences sans faire de publicité classique. En quelques semaines : Chelsea FC ouvre le premier compte officiel d'un club de Premier League sur la plateforme, Adidas transforme chaque kilomètre couru en points de fidélité, Dove Men+Care récompense n'importe quel pas, même le plus modeste.
Strava n'est pas un réseau social où l'on poste. C'est une communauté de gens en mouvement. Une marque qui s'y installe ne fait pas de la publicité. Elle accompagne une activité.

Digital - IA

  • AI & EconomyATLAS : l’IA au travail et au quotidien, décryptée par Google.

Google a lancé la première édition de son projet AI & Economy ATLAS, une initiative de recherche à long terme visant à comprendre comment l'intelligence artificielle est utilisée au travail et dans la vie quotidienne. Le premier ensemble de données repose sur 15 millions d'interactions agrégées et anonymisées issues de l'application Gemini, du mode IA et de l'API Gemini, utilisés conjointement par plus d'un milliard de personnes chaque mois.
ATLAS v1.0 couvre plus de 150 pays, 140 langues, 800 professions et environ 4 000 tâches,.
Selon ce premier rapport, l’IA est désormais utilisée dans 68 % des métiers, couvrant 90 % de l’emploi aux États-Unis. Pourtant, son impact reste limité et ciblé : en moyenne, elle n’intervient que dans 21 % des tâches d’un poste, et moins de 10 % des interactions aboutissent à une automatisation complète.
Les utilisateurs privilégient l’IA pour des tâches collaboratives : brainstorming, stratégie, recherche d’informations ou apprentissage. Même dans les métiers manuels (mécaniciens, techniciens automobiles), elle sert à interpréter des résultats complexes ou diagnostiquer des pannes, souvent via des outils multimodaux (images, vidéos).

  • Le marché des chatbots IA : ChatGPT perd du terrain, Gemini et Claude montent en puissance.

En un an, ChatGPT a vu sa part de trafic web chuter de 76,4 % à 52,7 %. Gemini (Google) a triplé sa part, passant de 9,1 % à 27,8 %, tandis que Claude (Anthropic) a multiplié la sienne par 5,7, de 1,6 % à 9,2 %, une progression fulgurante, surtout aux États-Unis (13,4 %).
Les autres acteurs reculent : DeepSeek (3,6 %), Grok (2,5 %), Perplexity (1,1 %). Le marché ne se fragmente pas, il se concentre : à eux trois, ChatGPT, Gemini et Claude captent désormais 89,7 % du trafic.

  • Substack peut détecter l'IA dans les newsletters. Mais pas si elles valent la peine d'être lues.

Substack, la plateforme qui permet aux auteurs de publier et monétiser leurs newsletters, vient d’ajouter un détecteur d’IA à ses publications. En quelques clics, le lecteur peut analyser un billet, un commentaire ou une réponse et obtenir une estimation de la part du texte générée ou assistée par une machine. La plateforme appelle « Claudefishing » le fait d’investir son attention dans un contenu derrière lequel ne se trouverait aucune pensée humaine.
Le lecteur n’est donc plus seulement invité à juger ce qu’il lit. Le voici chargé d’enquêter sur la manière dont le texte a été produit via un bouton de suspicion placé entre lui et le texte. Mais pourquoi aurions-nous besoin de savoir comment un texte a été fabriqué avant de décider s’il mérite d’être lu ?

  • IA et GenZ : adoption ne signifie pas approbation…et pourtant…

34 % des 18-24 ans (USA) estiment que l’IA est déjà "trop dominante", et 67 % s’inquiètent de son impact énergétique, avec 27 % très préoccupés par son empreinte environnementale.
Cette génération, née dans un monde dominé par les algorithmes, adopte massivement l’IA tout en en redoutant les dérives : 47 % d’entre eux privilégient déjà les outils d’IA aux moteurs de recherche traditionnels (contre 38 % des 35-44 ans ), cherchez l’erreur…

  • L’IA chez Meta et Anthropic, deux salles, deux ambiances…

Deux publicités pour vendre une vision du futur. Celle d’Anthropic ouvre sur une maison en flammes. Puis viennent la reconnaissance faciale, un sans-abri, des ouvriers dans une mine et des rangées de tombes. En voix off : « Peut-on faire confiance à l’IA ? » et « Qui appuiera sur le frein ? » L’entreprise transforme les dangers de son industrie en argument marketing : nous connaissons les risques, donc nous serions les mieux placés pour les maîtriser.
Celle de Meta choisit l’exact opposé : bébés, papillons, familles heureuses, et promesse d’un progrès sans frictions. Une tentative de retrouver l’optimisme de ses débuts, quand “connecter le monde” ressemblait encore à une belle promesse collective ; aujourd’hui, Meta promet de « libérer notre potentiel ».
Deux ambiances, une même difficulté : rester crédible.

TENDANCES

- Star du ring en scroll-

  • Catch et drama, le scroll en plus.

WWE s’associe à ReelShort pour produire un microdrame pensé pour le format vertical et mobile-first. Quelle bonne idée de prendre le théâtre naturel du catch, ses personnages, ses rivalités, son sur-jeu assumé et le traduire dans un format super à la mode avec ses feuilletons à scroller et ses cliffhangers assurés.
Un bon exemple de convergence entre IP forte et format natif.

- Magic Tech -

  • Un reveal sous haute technologie.

Les French Twins, le duo d'illusionnistes français reconnus internationalement, ont collaboré avec Lamborghini Budapest pour une démonstration de ce que la convergence physique-numérique peut produire aujourd'hui. Rendu 3D synchronisé à la milliseconde, motion tracking où l’IA orchestre les effets en temps réel. Et où le spectateur ne distingue plus ce qui est réel de ce qui est généré.🧐

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