Depuis des années, la technologie simplifie et automatise la recherche d’emploi. Jusqu’à la rendre trop facile.

D’abord, les ATS (Applicant Tracking Systems) ont appris aux candidats à construire des CV lisibles par une machine : choisir les bons mots-clés, structurer correctement le document, anticiper les filtres. Dès ce stade, la compétence ne suffisait plus. Il fallait être détectable.
LinkedIn a ajouté une autre dimension : être visible. Un profil optimisé, une e-réputation travaillée… et la possibilité d’être trouvé plus facilement par les recruteurs.
En 2011, la plateforme lance Apply with LinkedIn, la candidature simplifiée : presque un clic pour envoyer son profil.

Depuis, l'IA a mis le turbo.
Un CV réécrit en quelques secondes, une lettre de motivation adaptée à l'annonce en deux prompts, les mots-clés récupérés automatiquement, et parfois même les candidatures envoyées à la chaîne.
Tout est devenu plus rapide, plus simple, presque sans effort. Et forcément, les volumes de candidatures ont explosé.


Sauf qu’en supprimant l’effort et la friction, on a aussi supprimé une partie du signal.
À force d'être optimisés par les mêmes outils, les CV et les lettres de motivation se lissent, se ressemblent et disent moins de l'intention, de la personnalité ou de la singularité de celui qui les envoie.
Plus il devient facile de postuler, moins postuler suffit. Quand la candidature ne permet plus de départager, il faut bien chercher d’autres signaux. Le World Economic Forum observe justement le retour d’une “technique” plus difficile à fabriquer : la recommandation humaine.

Une réputation. Des preuves. Un réseau. Et surtout quelqu’un qui accepte de dire : « je connais cette personne ». Comme le résume l’étude, les relations du candidat pourraient finir par compter davantage que sa capacité à bien prompter.
Un clic ne vaut rien. Une recommandation engage un humain, et c’est précisément ce qui lui donne toute sa valeur.
Alors après des années à nous aider à être visibles, la plateforme s'attaque à une autre obsession : être crédibles.

Dans ce sens, la plateforme vient d'annoncer une nouvelle fonctionnalité pour élargir la portée d'un profil : la vérification d'identité (expérience professionnelle, formation, lien avec une entreprise) entre anciens collègues. Le profil ne raconte plus seulement une histoire professionnelle, il doit pouvoir la faire confirmer par d'autres.

La confiance repose sur une accumulation de confirmations sociales


L’algorithme ne se contente plus de lire ce que chacun raconte de lui-même. Il commence aussi à intégrer ce que les autres acceptent d’en confirmer.
Plus un profil accumule de validations, plus il devient digne de confiance.
Vingt ans de logiciels, de filtres et d’algorithmes pour en revenir à l’humain. Il aura fallu l’IA pour nous y ramener. 🤨

Mondes immersifs

- Marketing -

  • NYX transforme le tuto maquillage en jeu vidéo

Pour son premier anniversaire de présence en Israël, NYX PROFESSIONAL MAKEUP met à jour son expérience immersive dans Roblox. La marque y transpose son univers dans un parcours ludique afin de toucher une génération qui découvre, apprend et partage aussi dans les jeux vidéo.
NYX ne diffuse donc pas un tutoriel maquillage de plus. La marque construit un espace où les produits deviennent des objets à trouver, les conseils des défis et la découverte une progression. Sur Roblox, le tutoriel prend des airs de partie à jouer.

  • Brawl Stars et Duolingo une collaboration pour un même but.

C’est une rencontre de titans entre Duolingo (58,7 millions d’utilisateurs actifs chaque jour) et Brawl Stars (47,4 millions de joueurs actifs mensuels) et leurs mascottes. Pendant douze jours, Duo quitte ses leçons pour devenir un boss dans Brawl Stars. Les joueurs doivent répondre à des quiz pour survivre. Spike, lui, s’invite dans l’application de langues. Ce qui rend la collaboration intéressante n'est pas le crossover en lui-même.
C'est que les deux applications partagent déjà la même obsession : faire revenir l'utilisateur chaque jour. Séries quotidiennes chez Duolingo, progression et récompenses chez Brawl Stars. Les mécaniques d'addiction sont identiques. La collaboration les fait simplement tourner ensemble et cherche la même chose : une place dans le réflexe quotidien.

  • Disney mise sur le « placement d’histoire » dans Fortnite.

Pour accompagner la sortie de Toy Story 5 sur Disney+, Disney a ouvert The Great Toy Rescue dans Fortnite. Jusque-là, crossover classique.
Sauf que pour la première fois, une aventure Disney ne reste pas enfermée dans son propre espace. Woody, Buzz, Jessie et leurs compagnons ont été dispersés dans des expériences créées par des créateurs indépendants. Pour les récupérer, les joueurs circulent dans tout l'écosystème Fortnite. Et La marque transforme les mondes des autres en réseau de distribution de son récit.

- Gaming -

  • Le webinar IAB Gaming se joue dans Roblox.

GAMERS ALPHV IAB Perú

La semaine dernière, le Comité de Gaming de l’IAB Pérou a tenu un webinar sur la génération Alpha et le gaming. Rien d'inhabituel jusque-là. Le dispositif, en revanche, sort du cadre classique : les participants étaient invités à se connecter dans une room Roblox. Une mécanique particulièrement cohérente avec le sujet : pour comprendre une génération qui apprend, socialise et consomme dans des environnements immersifs, l’IAB ne se contente pas d’organiser une conférence en ligne. Il demande aussi aux professionnels d’entrer dans Roblox. Le dispositif évite le piège habituel des conférences sur les jeunes, où des quinquagénaires décrivent Roblox sans jamais y avoir mis les pieds. 👏

La même semaine se tenait a New York L'IAB PlayFronts, le plus important marché annuel américain dédié aux opportunités publicitaires et aux partenariats stratégiques dans l'industrie du jeu vidéo… On y a parlé Roblox, de façon plus conventionnel…

- Smart Glasses & VR -

  • Meta domine le présent des lunettes connectées et prépare le futur.

Les chiffres de Counterpoint Research parus la semaine dernière indiquent une progression de 263 % des expéditions mondiales de lunettes IA au premier semestre 2026. Mais 96 % concernent encore des lunettes sans écran. Caméra, micro, haut-parleurs, assistant vocal, mais rien qui s’affiche devant les yeux. Meta capte à lui seul 94 % de ce marché avec ses Ray-Ban.
Et c’est précisément cette même semaine que Meta a montré où il voulait aller ensuite. Au Meta Connect, le groupe a présenté une troisième génération de Ray-Ban Meta, des Ray-Ban Meta Audio sans caméra et des Ray-Ban Meta Display, équipées cette fois d’un petit écran intégré devant l’œil.

Intéressant de voir que Meta domine aujourd’hui grâce aux lunettes les plus simples, tout en investissant déjà dans celles avec écran, encore ultra-minoritaires. Il teste plusieurs futurs des lunettes IA en même temps.
Du coté de la VR chez Meta, je vous laisse découvrir la nouveauté en vidéo👍 par Numérama (je ne dis rien tant que je n’ai pas essayé 😉) :

Numérique - RS

  • Le faux sait où ça fait mal : Les vidéos et les images au cœur de la désinformation.

Des centaines de fausses informations repérées via six rédactions de fact-checking.
Et leur répartition est assez parlante. 26 % concernent la géopolitique et les affaires internationales, 22,5 % les sujets de société. À elles seules, ces deux catégories représentent presque une fake news sur deux. Derrière suivent la santé et les sciences à 12 %, la politique à 9,5 %, puis l’économie à 8,5 %. Le numérique, les médias et l’information ne pèsent que 4 %.
La désinformation ne choisit pas ses terrains au hasard. Elle se glisse dans les failles : conflits, incertitudes, défiances. Son objectif secondaire le plus fréquent est de jouer sur les émotions, avant même d'attiser les tensions entre groupes.
Et elle a compris nos usages ; le faux n'a plus seulement besoin d'être crédible. Il doit être regardable, 81 % des fake news passent par l'image ou la vidéo.

  • Les parents français s'inquiètent des écrans. Et utilisent un écran pour calmer leur enfant pendant qu'eux-mêmes regardent leur téléphone.

68 % des parents de très jeunes enfants se disent très inquiets pour leur développement. 55 % des mêmes parents laissent leur smartphone interrompre régulièrement leurs interactions avec l'enfant. On appelle ça la technoférence. Un mot savant pour une réalité simple : papa regarde son téléphone pendant que bébé regarde papa regarder son téléphone.
70 % des parents les plus inquiets utilisent un écran pour occuper ou calmer leur enfant. Contre 55 % des parents peu inquiets. Plus on s'inquiète, plus on délègue.
90 % contrôlent les contenus. Beaucoup moins parlent de ce que l'enfant y regarde.
Bref, on surveille beaucoup leur temps d’écran. L’étude FOCUS Bayard Jeunesse et l’Observatoire Santé PRO BTP suggère qu’il faudrait peut-être commencer à regarder aussi le nôtre.

  • Hommes sous influence.

Dans La Fabrique du masculin, Ipsos bva explore une masculinité prise entre modèles contradictoires, de l’homme « déconstruit » au mâle alpha, avec des représentations numériques qui pèsent particulièrement chez les jeunes. 44 % des 15-24 ans disent vouloir perdre du poids après des photos sur les réseaux sociaux, signe d’un idéal corporel amplifié. Parallèlement, 55 % des 18-24 ans estiment que le masculinisme a progressé ces deux dernières années, contre 45 % de l’ensemble des Français, tandis que 46 % des parents s’inquiètent de l’influence de ces idées sur leurs enfants. L’étude souligne une tension entre liberté d’identité et retour de normes rigides ; les jeunes se trouvent pris entre aspiration à la confiance en soi et anxiété face aux modèles dominants.

  • Le short drama abonde, l’audience s'accumule, les recette s'intensifient

Des héritages volés, des trahisons familiales, des vengeances filmées en vertical par épisodes de 30 secondes à 5 minutes. Chaque fin de scène coupe au sommet de la tension. Pour débloquer la suite : cinquante centimes ou une publicité.
Les short dramas sont devenus un genre à 11 milliards de dollars. Et l'étude Snap x Ipsos en documente l'emprise : 71 % des utilisateurs quotidiens des réseaux sociaux disent avoir adopté le format dans l'année. 42 % en regardent tous les jours. Parmi ceux qui en consomment depuis plus d'un an, 61 % en regardent davantage qu'il y a douze mois.
Le moteur du clic est peu subtil mais efficace : 49 % veulent découvrir un secret, 44 % sont attirés par une scène qui commence directement au moment fort, 42 % par un cliffhanger.
YouTube a annoncé la semaine dernière son option "Shorts Series" lors de Made on YouTube à New York. Quand YouTube emboîte le pas, c'est que le format a gagné.

Digital - IA

  • Les Français se confient beaucoup à l'IA. Sans lui faire confiance.

60,3 % des Français ont déjà parlé d’au moins un sujet sensible avec un chatbot IA. C’est le taux le plus faible des quatre pays étudiés, mais cela représente tout de même plus d’un utilisateur sur deux.
Argent en tête (30 %), puis travail (24 %), santé mentale (21 %). Sur les questions financières, 38 % préfèrent en parler à un chatbot plutôt qu'à leur entourage, à égalité presque avec les proches (40 %).
Ce qui motive la confidence : l'absence de jugement, citée par 43 % des répondants, avant même la disponibilité ou la qualité des conseils.
Paradoxalement, 47,7 % des Français ont peu ou pas confiance dans les entreprises d’IA pour protéger leurs informations personnelles. C’est le niveau de défiance le plus élevé des quatre pays étudiés. Et 40,7 % partageraient davantage de données sensibles si leurs conversations n’étaient pas utilisées pour entraîner les modèles.
En France, on hésite à confier ses données aux entreprises d’IA, mais beaucoup moins à raconter sa vie à un chatbot.😶

  • L’IA s’est bien installée dans les pratiques photo et vidéo, mais…

Selon le Baromètre Photo & Vidéo 2026,, 61 % des pratiquants utilisent déjà des outils d’intelligence artificielle, notamment pour améliorer automatiquement la qualité des images (50 %), appliquer des effets visuels (45 %) ou générer des arrière-plans (41 %). 59 % jugent d’ailleurs cette assistance positivement.
Et dans le même temps : 80 % se disent agacés par la multiplication des images générées par IA. 70 % réclament un label pour identifier les contenus non modifiés. 64 % des Français considèrent qu'une image produite par IA ne peut pas être qualifiée de vraie photographie.
On adopte l'outil et dans le même temps on perd confiance dans ce qu'il produit. 🤔

  • Muse, l’IA de compagnie en laisse.

Muse, le nouvel agent IA personnel de Meta (USA), vient d'avoir droit à un avatar avec visage, voix et silhouette, qu'on peut appeler en vidéo et voir réagir en temps réel.
Et comme manifestement cela ne suffisait pas, vous pourrez également utilser Muse Charm : un petit boîtier à accrocher à son sac, à ses clés ou autour du cou, avec écran, micro et avatar intégré. Une sorte de Tamagotchi sous IA, sauf qu’au lieu de le nourrir, on lui demande de réserver le restaurant.
Sacré Zuck. Toujours aussi attentif aux besoins essentiels de l’humanité. Dernière urgence identifiée : pouvoir promener son IA doudou partout avec soi.🙄🤐

TENDANCE

- Magie noire -

  • La malle d'écolier Poudlard pour connexion permanente.

L'ironie ne s'invente pas. Pendant que la France et plusieurs pays serrent la vis sur les téléphones à l'école, la marque Realme lance un smartphone déguisé en accessoire de rentrée à Poudlard.
Livré dans une réplique de la malle d'Harry, avec lettre d'admission à Poudlard, ticket pour le Poudlard Express et marques-pages des quatre maisons. 5 000 exemplaires dans le monde, à partir de 630 euros.
L'école tente de créer des espaces protégés de l'hyperconnexion. L'industrie du divertissement récupère les codes de la scolarité et érige le smartphone comme rite de passage.

- Muse Buzz -

  • Le bon coup de Muse.

Étape un, prenez le patron de l’IA de Meta. Faites-lui annoncer sur X que Muse peut vous faire économiser 1 000 dollars. Un chiffre rond voyage toujours mieux qu’une démonstration.
Étape deux, transformez la promesse en concours : #MuseMoneyChallenge “Poster combien Muse vous a fait économiser.”
Étape trois, laissez les chiffres grimper. 3 500 dollars sur une assurance auto ici, remboursements et abonnements oubliés ailleurs.
Étape quatre, regardez l’application Muse devenir numéro 1, devant ChatGPT , des téléchargement dans l’App Store aux États-Unis, deux semaines après son lancement.
Le coup de génie fait que chaque économie réalisé grâce à Muse devient, une fois racontée sur les réseaux sociaux, une jolie petite pub gratuite pour Meta.🤑

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