NatBad's Update

Merci d'avoir choisi la friction. đŸ€” L'antidote à l'anesthésie algorithmique.đŸ˜”

Prenons le cas de cette professionnelle indépendante chevronnée. Des années à perfectionner son savoir-faire, à bùtir son identité et sa réputation sur la qualité et la pertinence de son travail.
Et bing-bang, un algorithme arrive et effectue son travail Ă  une vitesse fulgurante.
Au départ, elle se dit chouette en se frottant les mains.
TrÚs vite, elle déchante.
Les clients* ne lui demandent plus de rĂ©flĂ©chir ni de crĂ©er mais de vĂ©rifier et valider ce qu’ils ont eux-mĂȘmes produit Ă  une vitesse fulgurante grĂące Ă  ces super algorithmes.

Son expertise s’est transformĂ©e en rempart contre les imperfections de l’IA... Une tĂąche qui semble simple mais qui est cognitivement Ă©puisante, surtout au regard de la profusion qu’elle doit gĂ©rer.

Alors non, l’IA ne lui vole pas son travail. C’est plus insidieux : elle lui vole la valeur de son travail. L’exĂ©cution a Ă©tĂ© externalisĂ©e. Le sens, aussi. Et l’estime de soi s’érode.
Elle s’ennuie et son savoir-faire, bĂąti sur des annĂ©es de rĂ©flexion, est tel un muscle qui s'atrophie faute d'exercice. À force de relire ce qu’elle n’a pas produit, elle perd un peu de sa vigilance. Puis de son exigence. Puis, parfois, de son jugement. Elle finit par dire : “ça a l’air bien”
 Plus de "Est-ce exacte ?", ni de "Et si on approfondissait ?". Juste l’illusion d’une productivitĂ© sans friction.

“Thinking—Fast, Slow, and Artificial”
How AI is Reshaping Human Reasoning and the Rise of Cognitive Surrender

Elle est victime de « reddition cognitive », ce moment oĂč l’humain, aprĂšs avoir trop souvent fait confiance Ă  l’IA, finit par adopter ses rĂ©ponses comme s’il les avait lui-mĂȘme produites. Une Ă©tude de la Wharton School montre que mĂȘme quand l’IA se trompe, 80 % des utilisateurs suivent ses conseils. Pire : leur confiance en leurs rĂ©ponses augmente, mĂȘme quand elles sont fausses.

Elle n’en veut pas Ă  l’outil ni aux clients qui prĂ©fĂšrent la vitesse au temps long de l’expertise.
Elle s’en veut Ă  elle-mĂȘme d’avoir cru Ă  une Ă©quation « moins de temps de production, plus de rentabilitĂ© » et d’avoir laissĂ© s’immiscer la facilitĂ© au dĂ©pend de l’effort intellectuel tout en trahissant sa propre Ă©thique.

Heureusement, l'Ă©quilibre s'inverse lorsqu'elle rĂ©dige sa newsletter chaque semaine, et qu’elle utilise l’IA comme un partenaire de rĂ©flexion, jamais comme un substitut ; lorsqu’elle ne s'insĂšre pas dans la boucle de l'IA mais qu’elle met l'IA dans sa propre boucle humaine.

“Frictionless AI comes at a human cost to learning, growth and connection”
University of Toronto

L’essentiel du travail se fait avant le premier prompt. Lire, sĂ©lectionner, relier les signaux faibles. Cette phase-lĂ , elle refuse de la sous-traiter, car c’est lĂ  que naĂźt l’intention. Elle recherche dĂ©libĂ©rĂ©ment l’effort et la friction, qui permettent de maintenir l'Ă©tincelle et empĂȘchent la reddition cognitive dont parle l’étude Wharton.
L’IA est ensuite convoquĂ©e pour ce qu'elle fait de mieux : donner une forme lisible dans l’espace contraint d’une newsletter. Mais c'est NatBad qui reste l'Ă©ditrice en chef.
Elle pourrait automatiser davantage. Aller beaucoup plus vite.
Mais ce ne serait plus du NatBad.
Et pour cette friction préservée, Nathalie lui dit merci.

*Un mot pour vous : si vous lisez encore ces lignes, c’est que vous n’ĂȘtes pas concernĂ©s. Merci d’avoir choisi la friction de la lecture.😉🙏

Mondes Immersifs

-Marketing immersif-

  • Du snack Ă  Roblox : l’expĂ©rience de marque immersive.

AchĂšte des biscuits, gagne un skin Roblox.
C'est le concept “malin” d’une campagne lancĂ©e en ThaĂŻlande autour des SUMO Mini Cookies avec 7-Eleven.
Pour les jeunes thaïlandais la mécanique est imparable : l'achat physique a soudainement une valeur dans leur univers numérique quotidien. Et pour en avoir plus, il faut racheter


  • Le marketing beautĂ© va adorer Roblox.

Roblox vient d'ouvrir une nouvelle catégorie dans sa Marketplace : le maquillage pour avatars. Plus de 100 références au lancement, fards à paupiÚres, rouges à lÚvres, blush, sourcils, cils, modulables et combinables à l'infini.
Selon les études internes de Roblox, 58 % de ses utilisateurs ont utilisé du maquillage dans la vie réelle au cours des trois derniers mois, mais prÚs de 80 % souhaitent en porter sur leur avatar, révélant un écart entre la réalité et les aspirations numériques.
Mais le signal le plus fort pour les marques beautĂ© est celui-ci : 76 % des utilisateurs qui mettent le maquillage d'une marque sur leur avatar dĂ©clarent ĂȘtre plus enclins Ă  l'utiliser dans la vraie vie.
L'essayage virtuel devient un levier d'achat réel.
e.l.f. Cosmetics est déjà à bord comme partenaire de lancement, une marque qui compte déjà plusieurs activation dans Roblox.
Les magazines WWD et Cosmopolitan parlent de Roblox comme d’un nouveau laboratoire des tendances beauté 

  • Trident a trouvĂ© comment faire de la pub gagnant-gagnant dans Fortnite.

Trident Vibes (Perfetti Van Melle) vient de lancer une campagne dans Fortnite Creative intégrée dans neuf maps personnalisées. Le principe : les joueurs choisissent de regarder une courte cinématique de marque (« Rewarded Watch ») en échange de récompenses exclusives dans le jeu.
Ici, c'est le joueur qui décide. Et parce qu'il décide, il regarde vraiment

Pour une marque de chewing-gum qui cible la Gen Z et la Gen Alpha, l'Ă©quation est simple : lĂ  oĂč se trouve l'attention, lĂ  doit ĂȘtre la marque. Et cette gĂ©nĂ©ration joue.
Ce modĂšle dit quelque chose de plus large sur l'Ă©volution de la publicitĂ© dans les univers gaming oĂč l’on ne doit pas forcer l'attention mais mĂ©riter de l'obtenir.

-Football-

  • Coupe du monde de foot, l’équipe US dĂ©barque dans Roblox-FiFA.

L’US Men’s National Team rejoint FIFA Super Soccer sur Roblox pour une semaine d’activation sponsorisĂ©e par Nike, visant Ă  engager les jeunes fans avant la Coupe du Monde 2026. Les joueurs peuvent incarner l’équipe, porter les maillots officiels Nike (disponibles durablement dans le jeu), et relever des dĂ©fis guidĂ©s par la mascotte Banner pour dĂ©bloquer une cĂ©lĂ©bration exclusive. Cette initiative, synchronisĂ©e avec les matchs rĂ©els, crĂ©e un pont entre virtuel et rĂ©alitĂ©, tout en offrant une vitrine pour les partenaires. Avec 1 milliard de visites sur le jeu, cette stratĂ©gie montre comment le sport utilise les mondes virtuels pour fidĂ©liser les fans et monĂ©tiser l’engagement.

  • FC BĂąle - Roblox, une affaire qui roule.

AprĂšs une premiĂšre expĂ©rience ponctuelle il y a plus d’un an, le FC BĂąle lance une expĂ©rience permanente sur Roblox qui s’inspire des mĂ©caniques du gaming (collection, rĂ©compenses, compĂ©tition), adaptĂ©es au contexte sportif.
En transformant les fans en participants actifs, le club crĂ©e un Ă©cosystĂšme oĂč l’engagement dĂ©passe les matchs et les campagnes. Cette stratĂ©gie permet au club de monĂ©tiser son IP (propriĂ©tĂ© intellectuelle) tout en offrant une valeur ajoutĂ©e tangible aux fans et aux partenaires et en maintenant l’attractivitĂ© de la plateforme sur le long terme.

- Réalité augmentée-

  • Snapchat rĂ©ssuscite les Beatles en rĂ©alitĂ© augmentĂ©e.

Snapchat confirme à nouveau son statut de pionnier dans le domaine de la réalité augmentée (RA) en proposant une expérience inédite : une Lens immersive dédiée aux Beatles.
Cette initiative s’inscrit dans une volontĂ© de repenser l’interaction entre culture, technologie et public, en transformant l’hommage artistique en une expĂ©rience interactive et accessible Ă  tous.
La RA n’est plus seulement un outil de divertissement Ă©phĂ©mĂšre, mais un mĂ©dia Ă  part entiĂšre, capable de crĂ©er des ponts entre les gĂ©nĂ©rations et de donner une nouvelle dimension Ă  des icĂŽnes culturelles comme les Beatles.

Digital - IA

  • L'IA a une nationalitĂ©. Elle est amĂ©ricaine.

Entre 2023 et 2025, les États-Unis ont fondĂ© plus de startups IA que le reste du monde rĂ©uni, selon Crunchbase : 1 794 en 2023, 1 497 en 2024, et 766 en 2025, contre respectivement 1 606, 1 111 et 521 ailleurs.
Cette domination s’explique par un Ă©cosystĂšme favorable (capital-risque, universitĂ©s, culture entrepreneuriale) et des politiques publiques incitatives. Pourtant, ce fossĂ© crĂ©e un dĂ©sĂ©quilibre gĂ©opolitique, risquant d’accroĂźtre la dĂ©pendance technologique des autres pays.
La Chine, l’Europe et l’Inde tentent de rattraper leur retard, mais peinent Ă  Ă©galer les ressources amĂ©ricaines. Pour rĂ©duire cet Ă©cart, un renforcement des investissements locaux et des politiques publiques ambitieuses sont nĂ©cessaires. Quand les outils qui transforment les entreprises, les administrations et les sociĂ©tĂ©s entiĂšres sont conçus ailleurs, la dĂ©pendance technologique devient une question de souveraineté 

  • L’Europe en retard quant Ă  l’adoption de l’IA, on sait pourquoi.

Un rĂ©cent rapport analyse les disparitĂ©s d'adoption de l'IA gĂ©nĂ©rative entre les États-Unis et l'Europe, Ă  partir d'une enquĂȘte menĂ©e auprĂšs de 21 000 salariĂ©s entre janvier et fĂ©vrier 2026.
On y apprend que :
- 43 % des salariés américains utilisent l'IA dans leur travail, contre une moyenne de 32 % en Europe.
- La France (28,1 %), l'Allemagne (31,5 %) et l'Italie (25,6 %) accusent le plus grand retard, tandis que le Royaume-Uni, la SuĂšde et les Pays-Bas s'en sortent mieux.
C'est la qualitĂ© du management qui s'impose comme le facteur le plus dĂ©terminant de cet Ă©cart. 
Au-delà des pratiques internes, c'est l'encouragement direct de la direction qui fait la différence : un salarié dont l'employeur promeut activement l'usage de l'IA et fournit les outils nécessaires a 47 % de chances de l'utiliser, contre seulement 10 % sans ce soutien. Or, 42 % des salariés américains bénéficient de cet environnement favorable, contre 16 à 17 % seulement en France ou en Italie.
Une fois ce facteur pris en compte, il explique la quasi-totalité du fossé transatlantique.
Le rapport conclut que moderniser les pratiques managériales est le levier prioritaire pour que l'Europe rattrape son retard


  • 86 % des parents (US) savent oĂč sont leurs enfants. En temps rĂ©el.

Une étude menée auprÚs de 1 000 parents américains montre que 86 % des parents utilisent une forme de tracking pour localiser leurs enfants.
L'outil le plus utilisé : le téléphone portable et ses fonctions de localisation intégrées (60 %), devant les applications familiales type (43 %) et les objets traceurs comme les AirTags (21 %).
Ce qui est intéressant, c'est l'évolution du rapport entre surveillance et confiance. En 2026, 89 % des parents qui trackent leurs enfants le leur ont dit, contre seulement 65 % en 2024.
Cette pratique, motivĂ©e par des prĂ©occupations de sĂ©curitĂ©, soulĂšve des questions sur l’équilibre entre protection et vie privĂ©e ; si ces outils rassurent, certains experts craignent qu’une dĂ©pendance technologique ou un excĂšs de contrĂŽle nuise Ă  la confiance et Ă  l’apprentissage de la responsabilité 

  • RĂ©seaux sociaux, des signaux interessants venus du Royaume-Uni.

Une Ă©tude menĂ©e par l’Ofcom (le rĂ©gulateur britannique des communications) rĂ©vĂšle que seulement 49 % des utilisateurs britanniques publient ou commentent sur les rĂ©seaux sociaux, contre 61 % en 2025.
On scrolle plus. On publie moins. Et on préfÚre les stories éphémÚres aux posts permanents. La trace numérique fait peur ; 49 % des adultes craignent que leurs publications leur causent des problÚmes à l'avenir, contre 43 % l'an dernier.
Ce dĂ©clin de l’engagement actif marque un tournant dans l’utilisation des rĂ©seaux sociaux, oĂč la prudence et la sĂ©lectivitĂ© remplacent l’hyper-partage.
L’ñge de raison ?

TENDANCES

-TitaniDrones-

  • La BBC fait de la promo-drone pour son documentaire sur le Titanic.

Le 30 mars dernier, 950 drones se sont dĂ©ployĂ©s au-dessus du port de Belfast pour retracer la silhouette lumineuse du RMS Titanic ; reflets roses et violets sur l'eau, messages lumineux dans le ciel, exactement lĂ  oĂč le paquebot fut construit en 1912. Les drones n’ont pas servi uniquement Ă  divertir mais surtout Ă  gĂ©nĂ©rer du contenu viral sur les rĂ©seaux.
L'Ă©vĂ©nement faisait la promotion de la sĂ©rie documentaire “Titanic Sinks Tonight,” diffusĂ©e le 2 avril, soit exactement 114 ans aprĂšs le dĂ©part du Titanic de Belfast.

-Pension IA -

  • 1 000 dollars par mois pour les victimes de l'IA.

Le projet « AI Dividend » lance le premier revenu de base pour les salariĂ©s impactĂ©s par l’IA et verse 1 000 dollars/mois pendant un an Ă  25-50 bĂ©nĂ©ficiaires (dĂ©veloppeurs, crĂ©atifs, salariĂ©s des centres d’appels, etc.). PortĂ© par les associations AI Commons Project et What We Will, ce programme pilote vise Ă  offrir un soutien financier direct face aux licenciements et Ă  la prĂ©carisation causĂ©s par l’automatisation.
Avec un financement initial de 300 000 dollars, les organisateurs espĂšrent atteindre 3 millions en 2026, en incitant les gĂ©ants de l’IA Ă  contribuer


-Marketing expérientiel-

  • Les Pokemon volent Ă  nouveau en China Airlines Airbus.

China Airlines lance le Pikachu Jet CI2, son deuxiĂšme avion thĂ©matique PokĂ©mon, un Airbus A350-900 ornĂ© de 13 PokĂ©mon et de motifs inspirĂ©s de l’artisanat taĂŻwanais. Cette initiative, fruit d’un partenariat avec The PokĂ©mon Company, transforme le voyage en une expĂ©rience immersive : sets de table thĂ©matiques, gobelets, cadeaux exclusifs, Ă©quipages en tabliers PokĂ©mon

Dans un secteur oĂč les compagnies se battent sur les prix et les miles, China Airlines choisit de se battre sur l'Ă©motion. Un avion dont on parle, dont on prend des photos, et surtout dans lequel on veut monter, pas parce qu'il est le moins cher, mais parce qu'il raconte quelque chose


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