Ce que révèle le rapport du Sénat américain, publié le 13 octobre dernier, c’est à quel point les systèmes des plateformes de rencontre qui traquent les faux profils et les comportements suspects se sont laissé dépasser par les escrocs.
Les pertes déclarées aux États-Unis pour ces arnaques ont atteint près de 1,5 milliard de dollars en 2025, toutes plateformes confondues.
En septembre, Anthropic avait déjà documenté une opération basée en Chine qui faisait tourner plus de vingt applications de rencontre avec Claude ; sur une période de deux semaines, l’étude faisait état de 2,36 millions de messages échangés avec au moins 25 000 personnes contactées par 4 700 personnages IA. &&&&&&
Quand il fallait gagner en crédibilité, de vrais humains prenaient le relais en appel vidéo. Les victimes payaient pour continuer à parler.

Le spam industrialise l’envoi de messages. La couche d’IA supplémentaire industrialise aujourd’hui la patience et les signes d’attention dans le but d’obtenir une réaction émotionnelle.
Sans IA, cette « attention personnalisée » avait un coût : du temps, de l’énergie, de la disponibilité. Quelqu’un qui se souvient de nos préoccupations, nous écoute sans nous interrompre ou trouve toujours les mots pour nous rassurer et qui nous montre un intérêt sincère.
Et voilà qu’une machine fait tout ça mieux que beaucoup de gens, et sans que ça lui coûte quoi que ce soit. Plus besoin d’arnaqueur pour que ça marche.
Une étude publiée en août 2026 dans Technology in Society, menée auprès de 7 027 personnes dans plusieurs pays, révèle que plus de 35 % des répondants concernés déclarent un attachement émotionnel à des chatbots. Près de 21 % les préfèrent pour partager leurs secrets. Ils savent pourtant à qui, ou plutôt à quoi, ils parlent.
Le modèle dépasse largement les applications de rencontre et interroge notre rapport à la relation quand les signes d’attention se fabriquent à volonté : un conseiller commercial qui se souvient de chaque échange, un recruteur qui entretient une relation personnalisée avec des centaines de candidats, un assistant qui prend chaque jour de nos nouvelles, un service client toujours disponible et d’une empathie sans faille.
Beaucoup d’attention, et personne derrière.
Au-delà de la manipulation, cette attention « as a service », celle d’une IA qui a “tout le temps du monde”, risque d’impacter nos comportements ; à force de côtoyer des interlocuteurs toujours disponibles, toujours à l’écoute, capables de se souvenir de tout et de répondre sans jamais s’impatienter, nos attentes pourraient bien changer. Et si nous finissions par trouver plus naturel d’être compris par une machine que contrariés par un humain ?
Les escrocs sentimentaux ont compris la valeur de cette attention sans limites. Et plus nous prendrons l’attention pour une preuve de sincérité, plus nous risquerons de faire confiance à ceux qui savent le mieux la fabriquer.
Il va falloir commencer à faire attention à l’attention artificielle 😵💫⚠️
Mondes immersifs
- Marketing -
Balenciaga choisit une égérie virtuelle issue du gaming.

Balenciaga s’associe à Riot Games et choisit Viper l’héroine de son jeux Valorant comme première ambassadrice numérique de la maison.
Le dispositif tranche avec celui déployé dans Fortnite en 2021, qui associait vêtements physiques et tenues dans le jeu. Ici, la marque concentre sa proposition sur un produit, une paire de lunette.
- Sensibilisation -
Fortnite et les microbes, saison 2, par la Communauté Européenne.
Les antibiotiques perdent du terrain. Les microbes mutent et résistent aux traitements. Cette antibiorésistance pourrait tuer 10 millions de personnes par an d'ici 2050, plus que le cancer, et plonger jusqu'à 24 millions de personnes dans l'extrême pauvreté.
Pour alerter les jeunes, la Commission européenne a choisi leur terrain : le jeu vidéo. Dans « Only Up: Beat the Bug », accessible via Fortnite, le joueur grimpe les étages du corps humain pour affronter des bactéries devenues résistantes. Il y apprend comment fonctionnent la maladie, les médicaments et la résistance. La campagne, lancée en 2024 dans six pays, se renouvelle et s'étend au Luxembourg, à la France et à Malte, en plus de la Roumanie, de Chypre et de la Bulgarie.
- Culture -
Jane Austen dans Fortnite : une expérience de créativité par l'intelligence artificielle.

Jane Austen dans Fortnite, avec de l’IA pour fabriquer les décors et des fans pour écrire les scènes. C’est le projet d’un studio fondé par la créatrice Karen Laur et l’écrivain Neal Stephenson. À partir de textes et d’images de référence, l’IA aide à produire des objets et des décors modifiables, puis à les intégrer dans l’éditeur de Fortnite.
Orgueil et Préjugés ouvre le bal.
Les utilisateurs composent leurs histoires avec un éditeur de scripts en ligne, des personnages pilotés par IA et des dialogues écrits seuls ou assistés. Un nouvel exemple de la façon dont l'IA transforme le processus créatif.
Le combat n'est pas au programme, sauf si l'on compte les piques de Lizzie Bennet. À suivre…
L'héritage de Galilée pour apprendre dans Fortnite.

Le Musée Galilée de Florence transporte ses collections dans Fortnite avec l'île « Galileo Legacy ». Le ministère italien de la Culture finance ce projet qui remplace les combats par quatre zones d'exploration : astronomie, gravité, chimie et mesure du temps.
L'institution florentine a numérisé ses instruments historiques en trois dimensions. Les joueurs manipulent des astrolabes, visent l'étoile Polaire avec un nocturlabe et reproduisent les expériences sur la chute des corps. L'accès reste gratuit sur console et ordinateur, avec un guide fourni aux enseignants pour proposer des sessions en classe.
Comment transformer son patrimoine en mécanique de jeu avec l’ambition de donner envie de poursuivre la découverte devant les originaux… une passerelle annoncée, dont l’effet sur les visites reste à mesurer.
Louis Vuitton transforme un univers de jeu vidéo en destination culturelle.

«Après Paris, Tokyo ou encore Mars, Louis Vuitton ajoute une nouvelle destination à sa collection de carnets de voyage illustrés. Cette fois, direction Tempo Point, une métropole imaginaire peuplée de personnages issus du jeu vidéo League of Legends.
La maison de luxe consacre en effet un nouveau volume de sa collection Travel Book à l’univers de K/DA, groupe de pop virtuel composé de quatre personnages issus de League of Legends. Au programme, 70 illustrations qui racontent 24 heures de leur vie dans une métropole imaginaire. Une édition collector accompagnée d’un vinyle est également proposée.
Une initiative qui témoigne de la place qu’a prise le gaming et les univers immersifs dans notre culture. Les jeux vidéo ne produisent plus seulement des expériences auxquelles on joue. Ils fabriquent des personnages, des histoires, de la musique et des univers auxquels les publics s’attachent bien au-delà des écrans.
- Réalité virtuelle -
Se prendre pour une araignée.
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Vous avez toujours rêvé de vous prendre pour Spider-Man ? Des fans viennent de rendre ça possible.
Via un “mod” (une modification créée par des joueurs pour transformer un jeu existant) ils ont ajouté la réalité virtuelle à Marvel’s Spider-Man Remastered sur PC. Avec un casque VR, vous ne regardez plus Spider-Man. Vous levez les bras, vous tirez une toile, vous vous balancez entre les immeubles, vous atterrissez sur un toit.
Ce n’est pas officiel. Juste des fans qui ont fait ce que Sony n’a pas fait. Et ça fonctionne parce que ça transforme un fantasme d’enfant et de plus grands 🤩
Numérique - RS
Réseaux sociaux : des chiffres attendus.
Ce n’est pas un scoop : les réseaux sociaux occupent une place différente selon les générations. Selon un récent rapport Gallup, 19 % des utilisateurs de 15 à 29 ans déclarent y passer au moins cinq heures par jour, contre 11 % des 30–49 ans et 6 % des 50 ans et plus. Ces pourcentages correspondent aux médianes observées dans 97 pays.
Mais ces durées déclarées ne disent pas ce que les personnes font en ligne, ni quelles conséquences cela a sur leur bien-être. Les liens observés entre temps passé et bien-être varient considérablement selon les pays et les indicateurs, et beaucoup ne sont pas statistiquement significatifs. Le contexte social, le soutien disponible et les circonstances de vie comptent également.
La création de contenus entre à Stanford et devient une discipline académique.

Le business de l’influence fait son entrée dans l’une des plus prestigieuses écoles de commerce américaines depuis la rentrée ; Stanford Graduate School of Business propose un cours intitulé Mastering the Creator Economy: Building Audiences, Brands, and Businesses. Au programme, création d’audience, stratégies de monétisation, développement de marques et modèles économiques. Le succès est immédiat, avec 110 étudiants sur liste d’attente.
Stanford n’est pas un cas isolé. Aux États-Unis, plus de 40 universités proposent désormais des formations consacrées à la création de contenus et à son économie. Arizona State University va jusqu’à proposer un bachelor dans lequel les étudiants doivent notamment développer une communauté en ligne et démontrer sa croissance.
Le jumeau numérique, cet espion qui vous veut du bien ?

Dans la série « je compte mes pas, je surveille mon sommeil, je mesure mon rythme cardiaque », voici le petit nouveau : je demande à mon double numérique ce que j’ai le droit de manger.
C’est ce que propose Twin Health, une entreprise américaine qui utilise l’IA pour créer une réplique virtuelle de notre métabolisme.
Pour nourrir ce double, il faut d’abord nourrir la machine en données. Glycémie mesurée en continu, analyses sanguines, poids, tension artérielle, activité physique, repas… L’IA apprend à connaître notre organisme et prédit comment il réagira à certains aliments. Un code couleur permet même de savoir si notre petit-déjeuner est une bonne idée ou s’il vaut mieux prévoir une petite marche après.
Aux États-Unis, Twin Health est notamment proposé par des employeurs et des assureurs santé, qui y voient un moyen d'améliorer la santé des assurés tout en réduisant les dépenses médicales…
Quand un assureur commence à s'intéresser à ce que l'on met dans son assiette, on peut se demander si c'est uniquement pour notre bien…🤨
Digital - IA
Le CIO veut une IA sous contrôle.
Le Comité international olympique vient de publier un cadre pour encadrer l’usage de l’intelligence artificielle dans le sport. Il s’adresse aux organisations sportives qui commencent à tester ces outils comme à celles qui les utilisent déjà.
Le document fixe sept principes : protéger les personnes et leurs données, assurer la fiabilité et la transparence des systèmes, attribuer clairement les responsabilités, garantir l’équité et limiter les risques pour la sécurité et l’environnement. Ces règles doivent s’appliquer de la conception à l’utilisation quotidienne.
Le CIO propose aussi une liste d’autoévaluation en trois étapes. Les organisations peuvent mesurer les risques d’un système, vérifier les protections en place et repérer les améliorations à apporter. Plus de 200 responsables du Mouvement olympique, dont des athlètes et des spécialistes, ont contribué au cadre avec l’appui de Deloitte.
Le but est de faire en sorte que l’IA serve l’expérience olympique et les fans sans trahir les valeurs olympiques, sans cacher son usage, et sans perdre la confiance des athlètes et du public. Louable et inspirant 😉
Les banques américaines préfèrent les clients sans agent IA.

Les gens confient de plus en plus de choses à leurs agents IA. Certains leur délèguent même des opérations sur leurs comptes bancaires. Ces assistants utilisent des outils pour agir à votre place, jusqu’à tenter de déplacer votre argent.
De quoi pousser plusieurs grandes banques américaines à bloquer ces agents extérieurs. Elles invoquent la sécurité des comptes et la responsabilité en cas d’erreur. Qui paie si l’IA effectue un virement que le client n’a pas voulu ?
Mais ces assistants pourraient aussi repérer l’argent qui dort et le déplacer vers des comptes mieux rémunérés. Or, les banques gagnent aussi de l’argent quand leurs clients laissent dormir le leur.
Une partie de notre fidélité commerciale repose sur notre manque de temps, ou notre flemme. Que devient-elle quand on peut déléguer l’effort de partir ?
Ces agents pourraient donc faire n’importe quoi avec notre argent. Ou très bien s’en occuper.
Dans les deux cas, les banques ont une “bonne” raison de leur fermer la porte.🫤
Deezer : surproduction de sons IA sans public.
Dix-neuf secondes. C’est le temps qu’il faut pour générer un morceau avec de l’ IA. Deezer en reçoit 90 000 par jour. Entre janvier 2025 et août 2026, la plateforme en a repéré et écarté de ses recommandations plus de 42 millions. Pourtant, ces titres ne captent que 1 à 3 % des écoutes totales.
Du filtre Instagram au "visage IA"

Après des années à copier les traits des influenceurs, les patients de chirurgie esthétique apportent désormais en consultation des images de leur propre visage retouchée par l’intelligence artificielle qui leur sert de modèle.
Les outils d’analyse faciale promettent de noter les traits et de proposer des « améliorations ». LooksMax AI et Umax, Qoves qui ont chacun dépassé les 10 millions de téléchargements, évaluent les critères et peuvent ajouter des recommandations chirurgicales.
Ces images ont l’air crédibles, mais ne tiennent pas compte de l’épaisseur de la peau, du cartilage, de la cicatrisation ou du mouvement du visage. Elles peuvent donc promettre un résultat qu’une opération ne peut pas produire.
L’image parfaite n’est plus celle d’une célébrité sur Insta, mais une version impossible de soi. 😬
Le chatbot, ce confident qui résout tout ?

L’université de l’Iowa publie une enquête nationale auprès de 1 000 adultes américains, qui révèle que parmi les utilisateurs d’IA, 12 % déclarent y chercher de la compagnie ou de la conversation. Ok… Mais…
Dans ce sous-groupe, près de 58 % pensent que les chatbots peuvent mieux résoudre certains problèmes qu’un thérapeute humain. 🤔
TENDANCE
- Vue de dos -
L'anatomie cachée des smileys.

.Pour donner du relief à ses emojis, Google a imaginé ce qui se cache derrière leurs visages. Sa réponse pour le smiley surpris : deux fesses rondes.
Il s’agissait uniquement d’une blague visuelle (qui a bien fait rire internet), accompagnée de la mention « Just kidding! Butt, IMAGINE! » qui ne fera pas son entrée dans les claviers.
- Nostalgie Geek -
Un musée pour ne pas oublier le Web.
Vous avez connu Netscape, le doux bruit des modems, les CD d’installation AOL ou les débuts de Google et l’époque où il fallait libérer la ligne téléphonique pour se connecter à Internet ? Ce musée est pour vous.
Le Museum of the Human Web, créé par Parallel, une entreprise spécialisée dans les infrastructures web pour l’IA, rassemble plus de 90 objets et documents qui ont marqué l’histoire d’Internet. Une petite promenade dans le temps, à l’époque où surfer sur le Web était encore une aventure et où une page pouvait mettre trois minutes à s'afficher.
Avec une idée derrière cette initiative : conserver les traces du dernier Internet entièrement fabriqué par des humains, avant que l’IA ne commence à s’en mêler.🙌








