Ça y est, l’école est finie… Les couloirs sont vides, les dossiers de Master 2 en communication sont corrigés et rendus, et on peut commencer à souffler. Mais cette année, la trêve estivale a pour moi un goût d’introspection plus dense que d’habitude. Une question me reste en tête : mes (ex) étudiants sont-ils vraiment armés pour ce qui les attend dehors ?


Toute la promotion s’est servie de l’IA, c’était tacitement le deal. Alors, en corrigeant les projets, une vérité m’a sauté aux yeux, une vérité presque taboue : l’intelligence artificielle n’égalise pas les chances, elle expose brutalement la fracture intellectuelle.

D’un côté, une étudiante livre une stratégie construite, où je devine vingt allers-retours avec le chatbot, des questions retravaillées, des pistes jetées. De l’autre, un étudiant me rend un bloc de phrases creuses, du jargon recraché tel quel, où l’on sent que personne n’a relu.
La première est entrée dans la « bibliothèque du savoir » avec un bagage solide et une méthode ; elle a demandé, buté sur un terme, cherché ailleurs, recoupé, rejeté l’hypothèse facile. Le travail s’est passé dans sa tête, entre les requêtes.
Le second a poussé la même porte, sans repères, sans réflexes conceptuels, armé d’une question simpliste, en espérant une réponse magique. Il est ressorti enseveli sous des documents qu’il n’a pas su utiliser.

Même bibliothèque… De l’extérieur, on dira que les deux « ont lu un livre ». Mais l’une a fouillé les mots, l’autre a feuilleté un livre d’images.
L'IA n'est pas un prof. Elle n'a aucune pédagogie, aucun plan de cours, aucun souci de l'autre. Elle calibre sa réponse au niveau exact de la question posée. Ceux qui n'ont pas appris à fixer un cadre exigeant avant d'appuyer sur Entrée restent sur le côté.
Le produit fini que fournit la machine, la synthèse bien tournée, le plan de com bien propre, ne vaut plus rien en soi.
La vraie compétence s’est déplacée en amont, dans la hauteur du dialogue et la ténacité des questions qu'on impose à la machine. C’est dans ce blanc, entre deux questions, que tout se joue. C’est là que l’étudiant doit savoir s’arrêter pour douter, pour recouper, pour muscler son jugement et rejeter la facilité du premier jet.
Alors, la mission de l’enseignant est de veiller à ce que les étudiants gardent l’esprit assez structuré pour pousser la complexité, les bons mots pour interroger, et le caractère pour contredire la machine. C’est là, au cœur même de l’entre-deux-requêtes, qu’il devient vital de les armer.
Désormais, on ne note plus un rendu, on évalue comment il a été généré.

Alors, à tous ceux qui se demandent encore, parfois avec amertume, comment ils ont pu rater la moyenne alors que leur dossier était « propre, carré et généré par l’IA », voici votre réponse ; vous n’avez pas été notés sur le texte que la machine a écrit. Vous avez été notés sur le vide que vous avez laissé entre les requêtes. 😏

Mondes immersifs

-Marketing-

  • Sans être sponsor de la Coupe du Monde, Amazon a construit une fan zone dans Roblox.

Au Mexique, pendant la Coupe du Monde, Amazon a construit une fan zone football dans Roblox. Mini-jeux, récompenses, items avatar exclusifs. Une activation sans droits FIFA officiels, développée avec ISLA et The Gang.
Amazon ne cherche pas à diffuser les matchs mais construit l'endroit où les fans se retrouvent avant, pendant et après. La rivalité, l'appartenance, la célébration collective migrent progressivement vers des espaces virtuels permanents.

- Sensibilisation-

  • Cap ou pas cap de dire non à l'alcool dans Roblox ?

En Afrique du Sud, l’ONG AWARE.org a choisi Roblox pour parler d'alcool aux mineurs.
"The Great Escape Party" plonge les joueurs dans une soirée avec pression des pairs, choix à faire, conséquences à assumer. Le message n'est pas "l'alcool c'est mal". C'est "tu es capable de dire non".
La nuance compte. Entre culpabiliser et responsabiliser, il y a exactement la différence entre un cours de morale et une expérience mémorable.
Ce qu'AWARE a compris.
Reste la question que personne ne peut trancher encore : en jouant à résister à la pression dans un jeu, est-ce qu'on apprend vraiment à le faire dans la vraie vie ?

  • Roblox veut que les parents jouent avec leurs enfants.

Roblox vient de lancer sa Family Zone : un espace où parents et enfants jouent ensemble, apprennent ensemble, avec les contrôles parentaux expliqués directement dans l'expérience.
C'est un signal intéressant de la part de Roblox. La plateforme a longtemps été perçue comme un espace que les parents subissent plus qu'ils ne comprennent. Ici, elle les invite littéralement à entrer.
Le timing n'est pas neutre. Australie, France, Royaume-Uni : les interdictions de réseaux sociaux pour les mineurs se multiplient. Montrer que le gaming peut être un espace partagé plutôt qu'un écran qu'on surveille de loin, c'est aussi une réponse politique.
Reste à voir si les parents joueront le jeu.

- Entertainment -

  • Roblox fête les États-Unis d’Amérique.

Les 250 ans de l'Amérique se fêtent dans Roblox. Pas uniquement avec des feux d'artifice. Avec des quêtes, des skins exclusifs et des jeunes créateurs du monde entier qui construisent leur propre version de la cérémonie.
La commémoration nationale ne vise plus le citoyen adulte devant sa télé. Elle cherche le gamin de 12 ans qui va passer trois heures sur une map estampillée USA.

  • Un concert dans Roblox filmé avec une caméra ordinaire. L'IA a fait le reste.

Tolou, la chanteuse norvégienne-nigériane qui mélange pop et afrobeats, vient de donner son premier concert Roblox dans The Block. Sa performance live a été captée par une simple caméra, sans combinaison de motion capture, sans studio spécialisé. L'IA de Roblox a transformé ces images en animation d'avatar en quelques heures, contre plusieurs semaines avec les méthodes traditionnelles.
Ce n'est pas juste un concert virtuel de plus. C'est une démonstration technique : compresser une chaîne de production entière en un workflow accessible à presque n'importe quel artiste, avec n'importe quel budget.
Avant le show, Tolou est apparue en avatar pour chatter avec ses fans, ses mouvements réels reproduits en temps réel dans toutes les instances du jeu simultanément.
Si la barrière technique continue de tomber, Roblox ne sera plus une plateforme de jeu qui accueille des concerts. Il deviendra une scène mondiale où n'importe quel artiste peut jouer devant n'importe qui.

  • Les Minions ont squatté Roblox.

Les Minions ont envahi Brookhaven RP dans Roblox où ils venus tourner leur nouveau film. Les joueurs peuvent explorer un immense studio de cinéma, découvrir des décors géants, déchaîner des monstres, collecter des mini-Minions followers, et obtenir des récompenses exclusives.
L'événement coïncide avec la sortie en salle de Minions & Monsters.
Brookhaven, c'est un jeu de roleplay libre où des millions d'enfants construisent des histoires, jouent à cache-cache, simulent des vies entières. Les Minions n'y sont pas une pub, ils sont devenus des personnages du quartier : le meilleur teaser, n'est pas une bande-annonce de deux minutes. C'est jouer avec les personnages avant d'aller les voir en vrai.

-ESport-

  • Ronaldo, Coupe du Monde du foot et Coupe du Monde de l'esport. Même été. Même joueur.


Le trailer s'appelle "Greatness Recognizes Greatness". Ronaldo y côtoie les légendes de l’esport.
La vidéo promo montre qu’au-delà des styles et des jeux différents, ces champions partagent les mêmes qualités mentales hors norme : une précision chirurgicale, une force mentale à toute épreuve, un calme impressionnant sous pression, un contrôle total du jeu, une créativité face au chaos et un killer instinct sans hésitation.
Quand le footballeur le plus connu de la planète choisit de prêter son image à l'esport pour la deuxième année consécutive, il envoie un signal ; l'esport cherche à toucher un public plus large, et Ronaldo est le raccourci le plus court entre deux mondes qui ne se parlaient pas encore.
👉EWC26, 6 juillet au 23 août à Paris.

- Réalité Virtuelle-

  • Le divertissement immersif en VR a trouvé sa recette.

Les Lapins Crétins ont une arène VR de 500 m², casque sur la tête, pas de câble, pas de manette. On se déplace vraiment dans l'espace, et on lance de la peinture virtuelle sur tout ce qui bouge.
EVA, c'est la chaîne d'espaces de réalité virtuelle en free roaming qui déploie ce type d'expérience en France. Jusqu'à 10 joueurs, dès 7 ans, 40 minutes de chaos coloré.
Les Lapins Crétins, c'est une IP Ubisoft née en 2006, reconnaissable par n'importe quel parent de 35 ans. Les mettre dans une arène VR physique, c'est faire coexister les générations dans le même espace de jeu, les enfants qui découvrent, les parents qui reconnaissent, et la technologie qui rend tout ça physiquement possible.

Numérique - Écrans - RS

  • La moitié des protections enfants sur les réseaux ne fonctionnent pas.

Taux d'échec par plateforme - Étude NYU/Northeastern, juin 2026.

Ce rapport, intitulé “Broken, Buried, or Missing,anatomies of failure (and success) of social media child safety features” expose une analyse rigoureuse des dispositifs de sécurité pour mineurs sur Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube. Sur les 86 fonctionnalités de sécurité sur Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube, chaque plateforme affiche un taux d'échec d'au moins 50 % sur les protections qu'elle promet ;
- sur Snapchat, un compte adulte a pu chercher, trouver et contacter un compte enfant sans aucune restriction,
- sur Instagram, un compte ado a pu écrire à un adulte qu'il ne suivait pas, sans avertissement,
- TikTok suggérait des recherches liées à l'anorexie à des comptes adolescents.
Les chercheurs révèlent que ces fonctionnalités échouent à protéger réellement les jeunes utilisateurs, soit par un mauvais fonctionnement technique, soit par une complexité excessive.
L'étude souligne des failles alarmantes, notamment des algorithmes suggérant du contenu lié aux troubles alimentaires ou à l'automutilation malgré les filtres parentaux. Les outils destinés à prévenir le cyberharcèlement et l'usage compulsif affichent également des résultats particulièrement médiocres sur l'ensemble des plateformes.

  • Génération exposée : le triste bilan des réseaux sociaux en Europe.

Près de 4 ados sur 10 en Europe ont été exposés à du contenu IA trompeur, et plus d’un tiers à de fausses informations au cours des trois derniers mois. Les contenus liés à l’apparence, au jeu et à la haine sont également très présents.
Eurobarometer : nom officiel des enquêtes d’opinion publique réalisées régulièrement par la Commission européenne.

  • L’écran qui veut du bien.

La Haute Autorité de Santé (HAS) a donné un avis favorable au remboursement anticipé de l’application Poppins, destinée aux enfants dyslexiques de 7 à 11 ans.
Poppins se présente sous forme de jeu éducatif avec des activités quotidiennes de 20 minutes. L’objectif : améliorer la reconnaissance des mots, des syllabes et la lecture chez les enfants dyslexiques. Elle doit être utilisée en complément d’un suivi orthophonique, pas en remplacement.
Une décision plutôt rare pour une application mobile pour être rapportée ici. C’est la deuxième application mobile validée par la HAS après Ludocare (pour l’asthme).

Digital - IA

  • IA, L’UNICEF sonne l’alarme.

Les enfants adoptent les technologies d’IA plus de trois fois plus vite que les adultes. Selon un nouveau rapport UNICEF, au moins 20 millions d’enfants dans 10 pays ont déjà utilisé l’IA.
Parmi eux, plus de 2 millions (1 sur 10) se tournent vers l’IA pour obtenir des conseils sur leurs inquiétudes personnelles.
Environ 13 millions l’utilisent pour apprendre ou faire leurs devoirs.
Si l’IA offre des opportunités réelles (apprentissage, créativité), les risques progressent tout aussi vite. Les enfants sont particulièrement vulnérables et sont exposés aux systèmes d’IA sans avoir le pouvoir de les contester ou de les éviter. Beaucoup expriment des craintes sur les arnaques, la désinformation, et surtout les deepfakes à caractère sexuel.
Aussi, à la veille du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, l’UNICEF appelle les gouvernements, le secteur privé et ses partenaires à placer les droits de l’enfant, en particulier leur droit à la sécurité et à la protection, au cœur de cette gouvernance mondiale.

  • Ne dites pas merci au chatbot.

Une seule requête à ChatGPT consomme sept fois plus d'énergie qu'une recherche Google. L'équivalent d'un ventilateur qui tourne trois minutes, ou d'un chargeur de téléphone branché 24 minutes ou 7 secondes de clim…
Si chaque Américain posait une seule question dans la journée, ça représenterait 1 479 tonnes de CO₂. Soit 1 500 allers-retours Londres-New York.
L'IA est une industrie lourde déguisée en interface légère. Chaque fois qu'on tape une question, quelque part un data center tourne, chauffe, consomme.
Un milliard d'utilisateurs d'IA dans le monde en 2026, contre 378 millions un an plus tôt. Presque le triple en douze mois…⚠️⚠️⚠️

  • 95 % des 18-25 ans français ont utilisé un chatbot IA ces six derniers mois.

70 % des 18-25 ans utilisent désormais l’IA générative au quotidien, un bond de 42 % en un an. 23 % ont même souscrit un abonnement payant.
Un tiers des jeunes demande des conseils santé, cuisine, sorties culturelles ; la moitié prépare voyages et sorties avec l'IA (+11 points en un an) ; 45 % l'utilisent en aide à l'achat ; un tiers en coach personnel/pro ; un quart en coach séduction.
Chez les étudiants, les deux tiers utilisent l'IA à tous les niveaux (recherche, rédaction, correction, traduction), avec une forte hausse de la correction et de la résolution de problèmes.
64 % des jeunes actifs jugent l'IA indispensable pour rester compétitifs.

  • Avocat versus IA : les américains choisissent…

30 % des Américains font désormais plus confiance à l'IA qu'à un avocat pour rédiger leur testament. L'an dernier, c'était 20 %. Dix points en douze mois.
L'IA répond à 3h du matin sans facturer l'heure. Le basculement n'est pas encore là. Mais il avance à une vitesse qu’il faut savoir anticiper.

TENDANCES

- Flash Back-

  • Photos en trop.

5,5 milliards de photos prises chaque année. Et 70 % ne seront jamais revues.
49 % des gens ressentent du stress à cause de leur galerie photo désorganisée. 42 % se sentent coupables.
Un tiers évite carrément certaines périodes de leur vie, pas en effaçant les images, mais en les laissant s'accumuler sans les regarder.
On parle de « surcharge numérique » ; on photographie tout, sans trier, par réflexe ou par peur de l’oubli. Alors on garde des doublons, des flous, des clichés vides qui s’accumulent, moins par nostalgie que par paresse.
Pourtant chaque photo « oubliée » dans un nuage ou sur un téléphone consomme de l'énergie et des ressources à long terme….

- Dope en stock -

  • ‘Dopamine sites’, simuler c’est gagner.

En Corée du Sud, des jeunes remplissent des paniers en ligne, cliquent sur "commander", suivent la livraison en temps réel. Le livreur n'existe pas. La commande n'a pas eu lieu. Et pourtant, le cerveau a quand même sécrété de la dopamine.
Les "sites dopamine" sont nés dans une société ultra-compétitive, sous pression économique, où l'achat réel est devenu anxiogène. Alors on simule. On fait semblant d'acheter pour ressentir le plaisir sans les conséquences.
Ce qui est troublant, c'est que ça fonctionne vraiment. Le cerveau ne fait pas la différence entre l'envie satisfaite et l'envie simulée. C'est le même pic, la même détente. 😱😱

-Pas cool-

  • Un téléphone en guise d’espion ?

Lenovo lance le AI Student Phone, un téléphone minimaliste à 44 $ conçu pour les écoliers. Pas de jeux, pas de réseaux sociaux, pas de navigateur : juste un écran tactile, un bouton physique pour activer l’IA, et des fonctionnalités éducatives (aide aux devoirs, formules de maths, vocabulaire anglais).
Côté parents : GPS en temps réel, géolocalisation avec alertes si l’enfant sort d’une zone prédéfinie, contrôle des appels, mode "cours" (seuls les appels d’urgence sont autorisés), et même un système de paiement par QR code avec limites de dépenses.
Pédagogique et sécurité, des prétextes à la surveillance déguisée ? Lenovo a tout compris…👀🤑

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